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l'extraordinaire maman pivert

l'extraordinaire maman pivert

les petites aventures d'une maman pivert et de son petit poussin. Du créatif, du récréatif, des coups de coeur et des coups de gueule, ces chagrins et des câlins... Le plus extraordinaire de la famille pivert.

VEO, ça va, il va pas mourir!

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Je me sens obligée d'écrire maintenant, pour vider mon sac, sinon je ne vais pas pouvoir dormir. J'ai été témoin (auditive) de quelque chose qui m'a choquée, qui m'a paralysée pendant quelques secondes et qui a réveillé en moi un sentiment de malaise...
En début d'après-midi, j'ai entendu ma voisine du dessous crier sur son fils. Déjà ça me gène, je ne pense pas que crier puisse aider à régler un problème mais je veux bien reconnaitre que parfois on a du mal à se retenir, la colère (ou la peur) monte et il faut que ça sorte. Parfois moi aussi je crie, et pour être honnête je dois avouer que sur le coup ça fait du bien... Donc, j'ai entendu des cris. Rien de vraiment grave...oui mais j'ai entendu des cris et des pleurs en réponse, que je qualifierais de pleurs panique. Et là, ça commence à me picoter le cerveau. Et puis ça crie encore, et plus fort, et puis là : bim! et bim, bim, bim, bim! j'entends que ça claque. Et le gamin qui pleure de plus belle, et ça crie. Ca court, une porte claque... J'entends distinctement "tu t'en vas pas comme ça!" et "non!" et re bim bim! Pleurs. Cris. Hoquet.
A ce moment là, je suis recroquevillée sur mon canapé, en pleurs! Ca continue de crier. Mais apparemment ça ne tape plus. Le malaise s'est installé en moi et je ne peux pas rester là à écouter. Du coup, je m'habille et je sors chercher le courrier, et je sonne à l'interphone. C'est un peu lâche, surtout que je n'ai pas dit un mot, mais en remontant l'escalier je me sentais mieux. Et le silence était revenu.

J'en ai parlé après et j'ai eu deux types de réponses :
- il faut signaler qu'il y a maltraitance
- il ne faut rien faire, ça ne me regarde pas et puis ça va il va pas mourir.

Alors je n'ai pas eu le courage de dénoncer la voisine pour maltraitance, parce que bêtement je ne suis pas sûre de moi sur ce coup là. Il y a VEO (Violence Educative Ordinnaire), c'est certain. Mais à partir de quel point on peut parler de maltraitance? Et ce n'est que auditif, est-ce que ça s'est passé comme je pense? ou est-ce que je fantasme? Est-ce que je me suis mise en panique pour rien? parce que j'ai plus ou moins vécu des choses semblables? ... Pas facile tout ça. Mais il est clair que c'est la première fois que j'entends une telle chose, et j'espère du fond du coeur que c'était vraiment exceptionnel et que plus jamais je n'aurais à me poser ce genre de questions. Je pense que si ça se reproduisait, je passerais à l'action. Je veux dire plus courageusement qu'un coup d'interphone, peut-être en allant me présenter à la porte, ou plus radicalement en appelant la police... J'espère ne pas devoir faire ça.

Quant à "ne rien faire", c'est hors de question! Oui je sais, la fessée est (toujours) légale en France, on fait ce qu'on veut... mais jusqu'à quel point, hein? une claque ça va, deux claques ça va, trois claques bonjour les dégâts?...
A ceux qui croient que taper un enfant est normal, j'ai envie de leur demander s'ils savent combien de fois quand j'étais gamine j'ai espéré que la police vienne arrêter ma mère? Combien de fois je l'ai détestée? Combien de plans j'ai imaginé pour tout simplement la tuer dans son sommeil? Vous croyez que c'est normal pour un enfant d'aimer un parent qui le tape, et de le détester aussi fort en même temps? J'ai grandi avec la peur de ma mère! J'ai pris ma dernière giffle après mes 18ans justement parce que j'ai avoué qu'elle me faisait peur et que ça l'a mis en colère... Je n'ai cicatrisé ces blessures qu'en devenant mère à mon tour, et en me promettant d'être différente, mais combien de fois j'ai douté de moi en sentant la colère monter en moi, j'ai eu peur de craquer, de péter un câble et de céder à un déferlement de violence et de ne plus être capable de me contrôler... Parce que, avouez que c'est ça, hein, quand on tape un enfant, on ne contrôle plus rien, on laisse exploser la colère dans ce qui nous donne le sentiment d'être puissant, mais on n'est pas puissant! au contraire! est-on puissant quand on tape un petit être sans défense?
Alors oui, j'en ai reçu, et ça ne m'a pas tuée (quoi que ça aurait pu, j'ai fait quelques tentatives de suicide). Donc, non ça ne m'a pas tuée, pas physiquement, mais ça a tué la confiance que j'avais en moi (on est forcément mauvais pour que nos parents nous détestent à ce point), et celle que j'avais dans les autres (combien de personnes savaient et n'ont jamais rien fait...).
Alors oui, j'ai grandi et je suis (globalement) équilibrée, ça ne m'a pas fait tant de mal on dirait... Bah peut-être, mais je ne crois pas que ça m'ait fait du bien non plus, hein! Je ne garde pas vraiment de souvenirs gais de mon enfance. Quand je parle de mon enfance avec ma mère, je fais attention à bien choisir les souvenirs, les mots, pour ne pas qu'elle se sente coupable maintenant de ce qu'elle a pu faire il y a lontemps. Même maintenant je ne peux pas être parfaitement honnête avec elle, parce que j'ai peur, non plus la peur d'elle comme quand j'étais enfant, mais peur de la blesser parce que mine de rien, je me sens coupable de faire d'elle une mauvaise mère... et ça c'est triste! Non?

Donc certes, chacun fait ce qu'il veut, mais quand même, pensez-y. Le rôle du parent c'est d'élever son enfant, et quand je dis élever, je veux dire le faire grandir, le faire monter (comme une plante) et c'est pas en lui tapant dessus qu'on le fait grandir (depuis quand on file des coups de pelles sur les fleurs pour les rendre plus belles et plus fortes?). Un parent doit veiller sur son enfant. Il doit l'aimer, pas le frapper. Alors on oublie cette phrase stupide "qui aime bien châtie bien" et on la remplace par "qui aime bien chérit bien".
Après vous faîtes comme vous voulez, mais moi j'aime mon fils et je veux qu'il n'en doute pas, à aucun moment dans sa vie (et encore moins dans son enfance). Je ne le taperai pas! Je ne suis pas une mère parfaite, je ne fais pas toujours les bons choix, mais je sais que ce choix est le bon.


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