Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
l'extraordinaire maman pivert

l'extraordinaire maman pivert

les petites aventures d'une maman pivert et de son petit poussin. Du créatif, du récréatif, des coups de coeur et des coups de gueule, ces chagrins et des câlins... Le plus extraordinaire de la famille pivert.

Quand j'étais vendeuse : classification des clients

J'ai un petit coup de nostalgie. Peut-être parce que Petit Poussin est parti en vacances chez son papa et qu'il ne revient que dans deux semaines, et donc je tourne en rond comme un poisson dans son bocal... Rester à la maison toute seule me donne tout le loisir de penser.
Comme vous le savez sans doute, je ne travaille plus. Depuis deux ans, je me contente d'élever mon Petit Poussin. Je suis donc rentrée dans le catégorie "mère au foyer" (que certains qualifient aussi de "grosse faignasse", alors que je ne pense pas qu'élever un enfant, seule qui plus est, soit sans mérite... mais ceci n'est pas l'objet de ce billet). Je suis donc à la maison, sans travail. Mais ça n'a pas toujours été le cas...
Dans une autre vie, j'ai été étudiante, j'ai accumulé les petits jobs d'été (le meilleur étant guide touristique). Et puis les études terminées, le concours de professeur des écoles raté trois fois, je suis rentrée dans la vie active. J'ai été boulangère (j'ai fabriqué le pain), prof des écoles remplaçante... Et puis je suis devenue vendeuse en boulangerie (celle de mon papa), une boulangerie de campagne, la petite boulangerie du village qui fait aussi épicerie, là où tout le monde connait tout le monde, là où on ne s'ennuie (presque) jamais.
La preuve avec cette petite classification des clients que je me suis amusée à faire. Et je pense que quiconque a travaillé dans la vente reconnaitra ses clients...

Quand j'étais vendeuse : classification des clients

Typologie du client :
Il existe plusieurs types de clients, et il me semble assez sympa de les classer. Bien entendu, un client peut correspondre à plusieurs déscriptions, mais si parfois on fait des combos, je n'ai pas eu l'occasion de voir de super-mega-extra-combos (ce que je ne souhaitais pas spécialement...).

La grenouille (qui voulait se faire aussi grosse que le boeuf) : il veut ça, et ça et ça, et encore ça, puis ça... mais au moment de payer, il se rend compte qu'il n'a pas un radis...
Le roi du calembour : des jeux de mots en veux-tu, en voilà : « bon matin d'abord » quand tu lui dis bonjour, « un petit oiseau » pour un pain bien cuit (cui-cui), « un orage » pour un éclair, « une petite lune » pour un croissant... et sans compter les déformations qu'il peut apporter aux noms des différents clients présents avec lui dans la boutique.
La tempête : le client qui rentre, prend ce qu'il lui faut, pose sa pièce sur le comptoir et ressort avant que tu n'aies le temps de lui dire bonjour.
L'escargot : celui que tu aurais le temps de servir quinze fois avant qu'il n'arrive à la caisse.
Le lama : il en existe de deux espèces, celui qui postillonne, et celui qui bave, mais peu importe, le résultat est le même, quand il part, tu es obligé d'essuyer le comptoir après son passage.
Le chamboule-tout : c'est le client qui veut toujours la baguette qui fera tomber toutes les autres.
L'indécis : celui qui veut un truc, en fait non, autre chose, ou pas... et en attendant toi tu cours derrière ton comptoir pour apporter les choses et les ranger...
L'habitué, le vrai : il se croit chez lui et pour le coup tu pourrais presque rester chez toi, il fait le boulot à ta place.
L'habitué bis (celui qui croit l'être en tout cas) : c'est celui qui te dis « comme d'habitude », oui mais d'habitude qu'est-ce qu'il prend celui-là ?
La gazette du village : elle sait tout sur tout le monde, et ce qu'elle ne sait pas elle l'invente, le raconte à qui veut l'entendre (et même, et surtout à toi, qui ne veut pas l'entendre), elle vient à la pêche aux infos aussi...
Le Professeur Tournesol : il gueule parce qu'il ne s'entend pas, tu dois lui crier dessus pour qu'il t'entende, et il comprend tout de travers (solution, tu te sers dans son porte-monnaie).
Le muet : celui qui n'a pas envie de te parler, il balance ses pièces sur le comptoir, et d'après le comptage des sous tu devines ce qu'il faut lui donner.
L'écolo : celui qui revient avec son sac à croissants de la dernière fois... c'est une bonne idée au départ, sauf que des fois il faudrait voir à le jeter ce vieux sac...
Le pollueur : celui qui prend un sac pour chaque article, et qui, pour être sûr que tu ne feras pas d'économie de sacs, fait un double noeud à chaque fois, t'empêchant de ranger son orange avec sa banane...
Le numismate : il a déjà plein de pièces dans son porte monnaie mais c'est un billet qu'il te donne pour payer sa demie baguette. Des pièces il lui en faut toujours plus !
La tirelire : c'est celui qui t'apporte une petite boîte remplie de pièces cuivrées pour payer ses achats.
Le lève-tôt : c'est simple, il est là avant que tu n'embauches.
Le retardataire : il arrive quand tu fermes boutique.
L'accroc du portable : il n'interrompt sa conversation téléphonique que pour te demander « une baguette ! »
Le tactile, ou touchatou : il touche tous les produits, il tâte tout (qu'il achète ou pas), et s'il arrive à te carresser la main en te payant, il est aux anges...
L'aveugle : ta boutique est ouverte, porte ouverte, lumière allumée, tu es derrière ta caisse, mais le client ne voit rien, il pense que c'est fermé et fait demi-tour.
Le touriste : il rentre, fait son petit tour et repart (sans rien acheter).
Le maladroit : sans doute qu'il ne le fait pas exprès, mais à chacun de ses mouvements, un article tombe...
Le Lapin Blanc : en retard, en retard, il a tellement peur d'être en retard qu'il double tout le monde pour se faire servir d'abord, vite, vite, il n'a pas le temps d'attendre. Et avec deux Lapins Blancs dans la boutique ça commence à devenir sportif, il faut les servir en même temps, ne pas perdre une seconde, vite, vite, ils vont être en retard, en retard !
L'impatient : il est pressé mais n'a pas le culot du Lapin Blanc, donc après avoir regardé plusieurs fois sa montre, il s'en va, sans doute dans l'espoir de trouver plus rapide ailleurs.
Le tête en l'air : c'est celui que tu vois quatre fois dans la journée, il a oublié un truc. (quand on n'a pas de tête, on a des jambes...)
Le clown : il a le sourire jusqu'aux oreilles, chaque phrase s'accompagne d'un éclat de rire.
Le psy : il veut te faire parler de toi, s'inquiète pour toi...
Le dragueur : c'est le gars relou qui t'invite à boire un verre après le travail (et ça c'est la version soft).
Le malchanceux : c'est celui qui demande toujours ce qu'il n'y a pas ou plus. Et souvent il repart sans rien... C'est pas de chance !
Le perfectionniste : il lui faut la baguette parfaite, ni trop blanche ni trop cuite, bien droite mais pas moulée...
Le maniaque : il range chaque pièce dans son compartiment, il plie ses billets soigneusement, il enveloppe sa baguette dans le papier avant de la mettre dans le sac... chaque chose à sa place. L'avantage, il retire aussi les miettes du pain du comptoire.
Le bordélique : celui qui a des billets froissés dans une poche, des pièces partout (d'ailleurs il ne sait jamais où sont ses sous), il va ranger sa recharge de javel dans le sac de tomates..., et il met même le bazard dans tes étagères.
Le roi : il faut tout simplement le servir. Lui, il attend devant la caisse, et toi tu cours dans les rayons pour aller chercher ce qui est écrit sur sa petite (ou longue) liste. Ah, détail : il faut aller chercher les produits un à un, surtout ne pas ramener les tomates en même temps que les oranges...
Le boulet : il croit que tu es son amie, donc il te fait la bise en arrivant, et en partant. Il te raconte sa vie, sa passion pour les moteurs de tracteurs... Il te tient compagnie pendant une heure (ou plus, quand on aime on ne compte pas), même quand tu as d'autres clients.
Le méfiant : il ne sait pas s'il doit acheter ton pain au chocolat et te demande « c'est bon ça ? ». (en même temps, je ne vais pas lui dire que non, si je veux vendre...)
Le curieux : « c'est quoi ça ? » « c'est fait avec quoi ? » sont ses deux phrases préférées.
L'égaré : il s'arrête là pour avoir un renseignement : où se trouve ceci ? Quelle est la route pour aller là ?...
L'illogique : il cherche les choses là où elles ne peuvent pas être, par exemple les oeufs dans les produits ménagers (et non, canard wc ne pond pas des oeufs, pas encore...).
Le chercheur d'or : celui qui cherche, cherche, cherche partout. Et quand tu lui demandes ce qu'il veut, il te sort un truc qui ne se vent plus depuis quinze ans.
Le télépathe : il se plante devant toi et te regarde intensément pour te faire deviner ce qu'il veut... j'avoue ça ne marche jamais avec moi, il finit toujours par parler.
Le radin : il trouve que tout est trop cher, et va même te demander de lui faire un prix.
L'oiseau migrateur : il vient tous les jours, un client « normal ». Un jour il n'a pas d'argent, tu lui fais crédit, et il s'envole, loin, très loin... ne reste plus qu'à espérer qu'il reviendra à la prochaine saison...
L'illusionniste : il arrive avec le caddie dans ta petite boutique et tout de suite tu te dis que tu vas faire fortune... tu le vois prendre tout un tas de choses, il y passe du temps... mais quand le caddie arrive à la caisse, abracadabra, il ne reste plus qu'un article !
L'arnaqueur : celui qui essaie de t'embrouiller pendant que tu rends la monnaie.
le cleptomane : celui qui compulsivement fait tomber des choses dans son sac à mains et est surpris quand tu lui en parles à la caisse.
L'extraterrestre : il parle une autre langue (« petite » pour baguette, « flute » pour pain, « chocolatine » pour pain au chocolat...), ou il demande des trucs impossibles (un ananas bio, d'un producteur local, sans emballage...).

Liste non exhaustive !

illustration faite par un ami

illustration faite par un ami

Et une petite citation pour finir :
"si on s'habille en jaune ou en orange, on attire les abeilles. Oui, les abeilles croient qu'on est des fleurs !" Mme G., la cinquantaine, qui ne s'habille plus en jaune depuis sa rencontre avec une guêpe l'été d'avant...
 

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article

Creativemumandco 11/08/2016 10:35

Lol ben ça en fait des clients! Persévère pour le concours instit je te vois très bien la dedans...

Stéphanie Cosnier 11/08/2016 12:46

je n'ai plus le niveau requis pour le concours et je ne suis pas motivée pour me retaper deux années de fac pour monter à bac+5 (je n'ai pas validé mon bac+4). J'ai fait des remplacements, et si tout se passait très bien avec les petits, je manquais d'autorité avec les CE et CM. Et puis, portant le voile, je n'ai plus accès à l'Education Nationale. Je postule cependant au poste d'atsem dans l'école musulmane de mon département depuis deux ans, sans trop y croire.