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l'extraordinaire maman pivert

les petites aventures d'une maman pivert et de son petit poussin. Du créatif, du récréatif, des coups de coeur et des coups de gueule, ces chagrins et des câlins... Le plus extraordinaire de la famille pivert.

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j'apprends à conduire, j'apprends à m'aimer

Ceux qui me suivent sur Facebook ou sur Instagram savent qu'en ce moment je suis en train de préparer le permis de conduire. Je me suis lancée dans cette nouvelle aventure en mai, à 33 ans. Ca n'a pas été une chose facile pour moi de m'inscrire dans une auto-école. Pour être honnête, je n'en avais pas envie et toutes les excuses étaient bonnes pour ne jamais aller plus loin que le "je le ferai bientôt". Conduire, ce n'est tout simplement pas mon rôle. J'ai toujours fait sans: avec le train, le bus, mes pieds je vais globalement où je veux, et ça me convient bien. Bon, c'est vrai que comme ça je dépends des autres aussi, surtout de mon frère lorsqu'il faut aller chercher Petit Poussin le dimanche soir après ses weekends chez son père. Et puis pour retrouver un travail, sans permis c'est loin d'être gagné...
Alors je me suis mis un bon coup de pied dans les fesses et j'ai franchi le pas.

Pour ma première leçon de code, je n'étais pas rassurée, un peu perdue parce que je n'y connaissais rien. Mais finalement, j'ai vite appris et une télecommande à la main, sans personne pour juger directement mes erreurs, je me suis sentie à l'aise. Je me suis rapidement trouvée dans la position de devoir refuser qu'on m'inscrive à l'examen. Les moniteurs me pensaient prêtes (je faisais rarement plus de 5 fautes), moi pas (je faisais encore de temps en temps plus de 5 fautes, mais je suis comme ça, je vois le verre à moitié vide et il faut que je sois au top pour me lancer). J'ai fini par accepter (difficile de refuser après plusieurs sans faute), j'ai passé le code (et pour la première fois de ma vie, je n'ai pas du tout stressé pour un examen), et je m'en suis sortie avec un joli 40/40. Donc oui, j'étais prête, bien prête.
Mais inconsciemment je voulais retarder l'échéance, non pas par peur de rater (car tout comme pour le bac, je savais que je l'aurai, j'étais bien préparée), mais simplement parce qu'une fois le code acquis, il faudrait passer à la pratique, la conduite. Et pour ça, je n'étais pas prête du tout.


J'ai laissé passer deux bons mois avant de retourner à l'auto-école et programmer mes premières heures de conduite (et honnêtement, je ne sais pas ce qui se serait passé s'ils ne m'avaient pas appelée).
J'ai été évaluée à 30 heures de conduite, ce qui n'est pas si catastrophique quand on considère que je ne m'étais jamais assise à la place du conducteur, et que je ne savais rien faire (ni régler le siège, ni démarrer le moteur). En réalité, il m'en faudra un peu plus...

Pour ma première heure de conduite, j'étais hyper stressée, mais ça s'est plutôt bien passé. La deuxième, pas vraiment bien; la troisième, c'était correct; pour la quatrième, je suis ressortie de la voiture en pleurant, en pensant que jamais je n'y arriverais tellement j'étais bonne à rien... Pendant toute la leçon je me suis sentie comme une petite fille qui n'arrive pas à faire ce qu'on lui demande alors que c'est pourtant simple, et j'avais juste envie de disparaître.

Aujourd'hui, j'ai fait ma 18ème heure de conduite. C'est toujours "moyen bof" (comme dit Petit Poussin). Et pourquoi? Parce que je n'ai pas confiance en moi, j'ai peur (peur des autres sur la route, oui, mais surtout peur de moi, de ne pas bien faire, de ne pas conduire correctement et de mettre quelqu'un en danger...). J'ai cette angoisse au creux de moi qui ne me quitte pas.
Déjà, pour être clair, les jours de conduite, du réveil à 7h jusqu'au moment de la conduite (à 9h, ou à 10h), j'ai mal au ventre, j'ai envie de vomir, parfois j'ai même la tête qui tourne tellement je stresse. Je quitte toujours la maison avec un bonbon à la menthe dans la bouche pour calmer mes nausées. Quand je vois la voiture arriver, je soufle un bon coup, et si c'est mon moniteur préféré, la boule au ventre s'en va. Mais si c'est un autre moniteur elle reste... Heureusement, le plus souvent je conduis avec Sylvain. Il est zen, il a de l'humour, il parle avec tact, avec lui je me sens respectée, jamais il n'élève la voix quand il fait une remarque sur mes erreurs. Il a rapidement compris mon hyper-sensibilité/émotivité, alors quand il sent que je suis à la limite, il me fait aller dans une rue sans circulation et il me force à respirer (bah oui, quand je stresse, je me mets en apnée), et on repare tranquillement. Je crois qu'il a compris comment je fonctionne et il adapte vraiment les leçons à ma manière d'être. On a vu les bases en ville, certes dans des zones à faible circulation, mais je m'y sens stressée, comme enfermée, je vois du danger partout, j'étouffe... Pas facile d'apprendre dans ces conditions. Alors, pour me détendre et avancer un peu dans l'apprentissage, il m'a montré les trucs rigolos: marche arrière, demi-tour, stationnements. Et ça j'aime bien. Ok, c'est pas forcément super facile, mais on fait les trucs quasiment à l'arrêt et ça me détend (enfin quand c'est avec lui, hein). "on va faire un créneau là" "cool"... Sans mentir les deux premiers objectifs validés dans mon livret sont "installation au poste de conduite" et "marche arrière et demi-tour".
Mon moniteur s'est fait tapé sur les doigts parce que ça ne sert à rien de me montrer les trucs spécifiques/compliqués si je ne maîtrise pas les bases. Et j'ai envie de dire que c'est logique. Sauf que j'ai été "montée à l'envers" je crois, parce que je n'arrive pas à apprendre classiquement, il doit y avoir des circuits d'apprentissage vérouillés chez moi, sans doute lié à cette peur de mal faire qui m'empêche d'avancer droit. La seule manière de mettre ce poids de coté, de l'oublier, c'est de ne plus avoir à penser, de me lancer dans quelque chose d'assez compliqué pour que mon esprit soit assez pris dans la tâche et pas dans les "sentiments négatifs" qui m'habitent. Et une fois que j'ai fait ce truc compliqué, je me rends compte que j'en étais capable, que sur ce coup-là j'ai été "douée" pour un truc, et ça me remotive... Les compliments du moniteur m'aident un peu, mais rien ne m'aide plus que ceux que j'arrive à me faire moi-même. Mais c'est difficile de se complimenter quand on ne voit que ses erreurs...
Concrêtement, en réussissant mes marches arrière, j'ai apprivoisé la pédale d'embrayage (et ça aide grandement). Ce matin, pour la 18ème leçon, on a fait de la voie rapide. Si on était logique, on ne devrait pas parce que j'ai déjà beaucoup de mal à passer la 3ème en ville, je dois me forcer pour rouler à plus de 35km/h. Mais voilà, si on ne peut pas dynamiser ma conduite en ville (milieu oppressant pour moi), il faut bien le faire ailleurs. Et bien je suis montée à 90km/h (avec la circulation autour, hein, c'était pas une route privatisée), et si Sylvain a dû me dire une fois de respirer au début, toute la séance s'est bien passée (et même le retour en ville). Sérieusement, j'ai l'impression d'avoir appris plus en une heure aujourd'hui que sur les 17 heures avant. J'étais sur une voie rapide, et j'étais détendue. J'ai passé des ronds-points en confiance, j'ai utilisé la voie d'insertion avec facilité (alors qu'on n'a pas fait encore les leçons spécifiques à ça), j'ai réussi à conduire! Le moniteur était surpris de me voir sourire, et quand on a fait le bilan en fin de leçon on a coché pas mal d'acquis. Quand je lui ai dit "oui mais en ville c'est pas pareil", il m'a fait remarqué que si je pouvais conduire aussi bien à 90km/h hors agglomération, c'est que je pouvais très certainement le faire en ville à vitesse réduite. Et il a raison, cette leçon m'a montré ce que je pouvais faire quand je me sentais en confiance. Si j'ai réussi à conduire là, ce n'est pas un coup de chance, c'est que je peux vraiment le faire. Je suis partie de zéro, je ne savais même pas démarrer le moteur et aujourd'hui, j'ai conduit (presque) normalement, et j'ai (presque) aimé ça.
Il m'aura fallu 18 séances pour me rendre compte que j'en étais capable! Que de temps perdu! et en même temps pas si perdu que ça, parce que ce qui compte maintenant, c'est d'avancer, aller de l'avant en me faisant confiance.

J'y arriverai! Je peux le faire!

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A
Bonjour, Vous avez dit tellement de choses vraies ! y compris : commencer à l'envers'... J'adorerais vous envoyer des visuels pour votre Petit poussin.<br /> Notre @ : president.afpc@yahoo.fr
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